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Crise au Mali : Regard croisé sur une crise qui se tend vers la Fin

Atteint par une grave crise politique et Institutionnelle depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, qui a été précédé par une crise sociale et sécuritaire due à la reprise des mouvements de contestations et de rebellions dans les régions nord du pays qui  a mis totalement à nu une démocratie en marche depuis presque 20 ans.

POURQUOI UN COUP D’ETAT A LA VEILLE D’UNE FIN DE MANDAT ?

Elu démocratique au mois de juin 2002 et réélu en 2007, et à seulement quatre semaines de la fin de son second mandat présidentiel, Amadou T Touré (ATT) qui songeait à son départ prochain après les élections qui devraient se tenir au d’Avril 2012, a été subitement renversé par des mutins dans la nuit du 22 mars 2012.
Un coup d’Etat motivé par une frustration de l’armée due à une insurrection des groupes rebelles devenus de plus en plus violents dans le nord du pays.
Les mouvements touarègues séparatistes soutenus par des extrémistes d’Al-Qaïda ont égorgé plus d’une cinquantaine de soldats maliens et ont fait prisonniers plus d’une centaine à Aguelhok et dans beaucoup d’autres localités dans le nord du Mali.
L’armée, par manque de moyens adéquats et de formation a mutiné jusqu’au Palais présidentiel, et cette mutinerie s’est transformée en un coup d’État militaire.

PRISE DES REGIONS NORD ET PUTSCH DU 22 MARS 2012

Une armée beaucoup fragilisée par les interférences, la mauvaise formation et l’inefficacité sur le front, a vite abandonné ses positions au profit des combattants touarègues (amateurs), mais engagés pour leurs causes.
Ainsi, mal organisée, sans hiérarchie ou sans commandement réel, et qui, au sauve qui peut, ne cessait de multiplier les « replis tactiques » selon les termes du gouvernement d’ATT, a par fini, abandonné le front au Nord suite au coup d’Etat du 22 Mars 2012.Ce coup d’Etat a alors été l’élément déclencheur de  la chute des trois régions nord du Mali, qui représente les 2/3 du territoire malien.
L’EMBRASEMENT DES REGIONS NORD DU MALI PAR LES GROUPES REBELLES ET LES CONSEQUENCES FACHEUSES DE LA GUERRE EN LYBIE.
Les dommages collatéraux de la guerre en Lybie ont vite facilité l’embrasement des régions Nord du Mali, autrefois devenu un no man’s land, envahis et infestées par les narcotrafiquants et autres groupes ou membres d’AQMI preneurs d’otages occidentaux.
D’un coté il ya le mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et de l’autre le groupe  islamiste Ansar Dine. Ces deux principaux groupes Touarègues sont impliqués dans la prise de contrôle du Nord du Mali, une région de la taille de la France.

Le groupe MNLA veut l’indépendance de la patrie du Nord de Touaregs, qu’ils appellent Azawad et Ansar Dine veut appliquer la Charia sur tout le pays et peut être même au delà.
Le  MNLA est composé surtout de touarègues maliens qui, étaient en exil en Libye, ont combattu aux côtés des forces du colonel Kadhafi alors qu’il tentait de s’accrocher au pouvoir en Libye, une fois ce dernier renversé, ils retournèrent au Mali, bien formés et avec beaucoup d’armes lourdes.
Mais ce sont les islamistes de Ansar Dine et du  Mujao qui contrôlent désormais tous les trois des principales villes de la région – Tombouctou, Gao et Kidal.
Ansar Dine est dirigé par un  ancien Touarègue chef rebelle du nom de Iyad Ag Ghaly.
Le groupe a des liens solides Al-Qaïda, connu sous le nom Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Il y a aussi des combattants jihadistes étrangers, y compris éventuellement le Boko Haram nigérian.
Ces islamistes sont beaucoup plus riches que le MNLA comme ils ont gagné beaucoup d’argent ces dernières années par l’enlèvement des occidentaux par  les rançons  et autres trafiques de cocaïne, de haschisch et de cigarettes et autres produits de contrebande.
Ainsi cette montée des islamistes a suscité l’inquiétude chez les pays membres de la CEDEAO et chez certains pays  voisins, comme le Niger, qui a une forte population Touarègues , a demandé à l’ONU d’approuver des plans pour envoyer une force africaine fort de plus 3 000 hommes sous le couvert des Nations Unis au Mali pour stabiliser le gouvernement dans le sud et même temps de récupérer le territoire tenu par les rebelles.
QUELQUES RAISONS SOCIALES ET POLITIQUES
Cette crise prend sa source dans la mauvaise gouvernance de l’état depuis le l’avènement de la démocratie au Mali, en 1991 après une insurrection populaire qui a fait renversé le dictateur Moussa Traoré.
S’installe alors le clientélisme, le népotisme l’affairisme, la corruption qui ont miné une administration qui se trouve incapable de faire face aux vrais défis de la nation.
Par ces maux, beaucoup de maliens et d’observateurs de la scène politique malienne ont le sentiment que la révolution de 1991 est restée presque inachevée, puisque les mêmes maux sous la dictature de Moussa Traoré se sont empirés même avec l’ère de la démocratie.
Partant des faits saillants au cours de ces dix dernières années, les maliens ont assisté à une politisation de leur administration, leur armée, leur société civile et leur école ; tous minée par la corruption.
Une armée malienne, mal formée depuis les premières années de la démocratie a oublié son rôle de défense régalienne. Elle est d’ailleurs considérée d’amateurs si l’on s’en tient aux propos du diplomate américain, cités par WikiLeaks, et semble plus être que l’ombre d’elle-même, car c’est sur papier qu’elle existait réellement.
Pourtant, elle est composée d’un nombre élevé de généraux et officiers dont les charges et entretiens reviennent chèrement à l’Etat malien.
Une école malienne prise en otages par les politiciens, est à la recherche de son repère, minée par des crises et des sorties intempestives des étudiants et  avec un nombre pléthore d’effectifs ; à cela s’ajoutent les grèves régulières des professeurs.
Le pays a une fonction publique pléthorique, est très souvent considérée comme une société privée des tenants du pouvoir et leurs acolytes.
Le peuple, déçu et meurtri du nord comme au sud, et a perdu toute confiance aux politiciens de premières heures, pour s’aligner derrière ATT (Amadou Toumani Touré) qui bénéficiait du crédit de son passage  à la tête du pays en 1991 pendant la transition.
La réalité est que la démocratie n’était que de façade, et son exercice était semblable celui d’un régime totalitaire, et pour beaucoup de  maliens les élections se jouaient d’avance.

FRAGILISATION ET FRAGMENTATION DE LA CLASSE POLITIQUE MALIENNE

Au lendemain du coup d’état, le peuple très attentiste au lieu de sortir pour dire non au putsch,  au contraire s’est  montré indifférent sinon à soutenu le putsch.
Avec une classe politique divisée, les problèmes ont vite surgit, accentués par une politisation des mouvements religieux à Bamako et  avec un intéressement de la société civile à la politique, qui était presque absente durant les 10 années de règne d’ATT.
Au début, la classe politique s’est bipolarisée entre pros-putschistes représentés par le COPAM (Convergence Patriotique pour le Mali) dont le leader incontesté est Oumar MARIKO, leader du Président du parti politique SADI au Mali et les antis-putsch représentés le FDR (Front Uni pour la Sauvegarde de la Démocratie et de la République) formé d’anciens partis  alliés du président Amadou T Touré.
Ensuite il ya le premier ministre, Cheick M Diarra, nouveau dans l’arène politique du Mali, soutenu par la junte elle-même et les associations islamiques et certains mouvements politiques du Mali.
 Et enfin le président intérimaire Diouncounda TRAORE, soutenu surtout la communauté internationale et  le regroupement politique FDR.
Une lutte pour le pouvoir s’installe entre ces différentes tendances, qui du coup, oublient la partie Nord sous le joug du diktat des islamistes, du MNLA et autres mercenaires.
Face à la pression de la CEDEAO et à la crainte d’un soulèvement populaire, les militaires ont changé leur plan en cédant la pouvoir et en rétablissant l’ordre constitutionnel, tout en restant présent en arrière plan tout de même.
QUELLES PEUVENT ETRE LES CONSEQUENCES DE CETTE CRISE ? :
Dès le lendemain du coup d’état une désapprobation générale du coup d’état a été enregistrée par la CEDEAO, L’ONU en passant par l’UA, UE, la francophonie, unanimement ce coup d’Etat n’a pas eu le soutien de l’opinion internationale. La banque mondiale et ses projets sont partis, la coopération pour le développement est stoppée avec conséquence la fermeture des entreprises, le chômage technique.
Les hôtels se ferment parce que les touristes n’y viennent plus, l’artisanat se porte déjà mal en somme les activités commencent à tourner au ralenti et l’économie nationale est fortement menacée.
Et la vie, devient de plus en plus chère pour les maliens.
Mais, force est de constater que cette crise à engendrer plusieurs choses à la fois, surtout si nous jetons un regard critique sur l’avenir des associations et mouvements islamiques à Bamako, on sent aussitôt qu’il ya une montée de l’intégrisme et vivement s’il y a élection dans un ou deux  ans, car actuellement le Haut Conseil Islamique est fortement présent dans l’espace politique. La prise des régions Nord par des islamistes va laisser des traces qu’il va falloir vite effacer car le meilleur refuge de la pauvreté est la religion et Karl Marx l’a dit « la religion c’est l’opium du peuple ».

La Position de la France, des USA et de Certains pays voisins du Mali

La crise au Mali, fait partie de la conséquence logique d’une guerre déclenchée par l’OTAN à l’initiative de la France contre la Libye et cette crise continue de provoquer une vive préoccupation dans le paysage politique Ouest Africain et surtout dans certains pays à travers le monde.
Lors de sa visite en France, Yayi Boni, président en exercice de l’Union (UA) Africaine a proposé de faire un recours à la force pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali.

Rôles et solutions et Solutions Préconisées  par la Communauté Internationale pour un plan de sortie de Crise au Mali :

Des réponses sont mitigées sur ce plan, mais à cette question, Yayi Bony propose le recours à l’option militaire avec l’intervention des forces internationales pour aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale.
C’est sur invitation de l’UA, les représentants  de la Communauté internationale se sont retrouvés  à Bamako le 19 Octobre 2012 dans le cadre d’une réunion ministérielle du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali pour valider le concept d’opérations qui se résume en trois objectifs à savoir :
Proposer une approche globale de la situation basée sur les besoins et priorités des autorités maliennes, ensuite définir le cadre politique général des opérations de la MICEMA (Mission de la CEDEAO au Mali) et enfin promouvoir un soutien international coordonné qui permettra de stabiliser le Mali et les autres régions sahéliennes.
Pour les USA, le renforcement des institutions démocratiques doit être au cœur de la lutte contre l’extrémisme et les bouleversements politiques. De ce fait, ils pensent que c’est crucial de restaurer un gouvernement élu démocratiquement au Mali d’ici avril 2013, pour résoudre à long terme les crises actuelles dans le pays.
La France à travers Mr Hollande a presque acquis tout le monde à sa cause jusqu’à obtenir un vote au conseil de sécurité de l’ONU à l’unanimité pour l’utilisation de la force et a réussi à amener dans les rangs l’Algérie qui est farouchement opposé à une action militaire dans le sahel et l’autre pays du champ qui est la Mauritanie dont la voix hostile à la guerre commence à diminuer de magnitude.
Mieux la semaine écoulée l’UE a envisagé l’opportunité d’engager une partie de la coopération au développement pour le Mali suite à des injonctions de la France.
De sources officieuses, la France prépare la guerre en envoyant la logistique ici et là et si dans les 45 jours la CEDEAO n’arrive pas à satisfaire les précisions demandées par le conseil de sécurité, la force internationale rentrera dans la danse et le Ministre de la Défense de France de déclarer que la guerre c’est dans les semaines à Venir.
Si Paris est favorable à une intervention militaire parce qu’il pense qu’il est nécessaire de rectifier la situation et de chasser les groupes armés qui occupent le pays qui deviennent une menace pour les pays de la sous région, l’Algérie pensait que la solution devrait toujours être définie comme une approche fondée sur le dialogue stratégique, si l’on se tient aux approches de son ministre chargé des affaires du Maghreb et d’Afrique Abdelkader Messahel, lors de son discours à la Conférence sur le Sahel organisé par l’ONU en marge de l’Assemblée générale des institutions internationales.

Ainsi pour la sortie de crise, au regard de la position prise par le MNLA ces derniers moments, il faut s’attendre à un changement de position de ANSARDINE au fur et à mesure que la guerre se précisera et si les autres étrangers AQMI, MUJAO s’ils ne fuient pas pour aller je ne sais où, seront pris entre plusieurs feux : celui de force internationale et de leurs alliés d’antan ainsi le dialogue s’installera entre eux la nation laïque et unitaire
Et vu l’arrivée imminente des forces internationales, qui seront en parfait concert avec l’armée malienne nouvellement organisée, l’espoir est alors permit aux maliens de ne plus voir le problème du Nord comme un triste et lointain souvenir dans un avenir proche.
Issa SIDIBE depuis Bamako.

URL courte: http://www.pointschauds.info/fr/2013/01/26/crise-au-mali-regard-croise-sur-une-crise-qui-se-tend-vers-la-fin/

Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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