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Hamad Bin Khalifa Al Thani, l’émir du Qatar joue dans la cour des grands Emirat minuscule à l’appétit vorace

«lobbying puissant» qui fait et défait le monde grâce à une manne financière prodigieuse.

Et oui «L’argent mène à tout, à condition d’en sortir…  beaucoup».

De ses trois épouses, cheikh Hamad a 24 enfants dont 11 garçons et 13 filles. Monarque multimilliardaire grâce à un lac de gaz sous-marin, le plus grand gisement du monde, Hamad règne sur un micro-Etat à peine visible sur la  carte du monde. Depuis quelques années, l’émir s’est fait connaître à travers la planète en s’appuyant sur la très influente chaîne Al Jazeera, qu’il finance totalement. Le Qatar part à l’assaut des marchés mondiaux et des chancelleries, séduites par cet argentier hors pair. Hamad est l’homme des offres qu’on ne peut  refuser !

Quand il débarque à Tunis en 2012 avec une escarcelle de 500 millions de dollars, des centaines de manifestants lui lancent à la figure «Dégage !», le soupçonnant d’aider en sous-main les islamistes d’Ennahda. En Libye et au Moyen-Orient, le Qatar s’impose avec ses dollars. Mais c’est en France qu’il fait les affaires  les plus juteuses, à la grande joie de cet émir à la carrure imposante que raillait El Gueddafi.  Mais qui est donc Hamad Bin Khalifa Al Thani, né le 1er janvier 1952 à Doha, diplômé de l’académie royale militaire de Sandhurst en 1971 ?

Un état microscopique

Hamad est l’émir d’un pays de 2 millions d’habitants dont moins d’un dixième sont Qataris de souche. Le PIB du Qatar est le plus fort au monde (18,7%) . Le Qatari est le plus riche de la planète, devant l’habitant du Liechtenstein ou du Luxembourg. Le taux de croissance de la population est de 5%, le plus élevé du globe devant le Zimbabwe. La majorité écrasante de la population est constituée d’étrangers, qui travaillent essentiellement dans l’industrie pétrolière et gazière et dans le secteur de la construction.
En vingt ans de règne, rien n’est venu secouer le Qatar, pas même la vague de contestation qui a enflammé le Monde arabe et dont le Qatar a été un élément moteur. Le pouvoir est entièrement concentré entre les mains de l’émir. Le pays ne compte ni parti politique ni force d’opposition.

Selon une enquête réalisée il y a deux ans, les jeunes Qataris ne sont que 33% à considérer que le multipartisme est très important. Leur priorité est plutôt un environnement sûr et un salaire juste. En moins de dix ans, le pays est devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié de la planète. L’argent de la rente pétrolière et gazière (520 milliards d’euros) est investi dans le monde entier : à New York, Londres, en Suisse et, dernièrement, en France.

Lorsqu’on lui pose la question brûlante de savoir comment prône-t-il une démocratie à l’extérieur, alors que celle-ci est inexistante chez lui, l’émir a une réponse toute prête : ses 200 000 sujets, qui jouissent du revenu par tête et du taux de croissance les plus élevés de la planète, ne lui en ont jamais fait la demande, ce qui, en fait, est corroboré par la réalité.

Après les Printemps arabes et leurs fumeuses et fumantes conséquences, le Qatar s’est attelé à surfer sur l’humanitaire. Aussi, la visite de l’émir à Ghaza  il y a quelques mois a été considérée comme historique et saluée comme telle par les Palestiniens. Une visite de six heures, ponctuée par l’inauguration de projets que l’émirat s’est engagé à financer. Le Qatar a porté son aide de 254 à 400 millions de dollars pour financer la reconstruction d’infrastructures routières et de logements dans les territoires palestiniens dévastés par l’opération israélienne «Plomb durci». Cette visite, aussi généreuse fut-elle, n’a pas été du goût de l’OLP, rivale laissée sur le carreau, qui, tout en soulignant son soutien à la reconstruction de la bande de Ghaza, a appelé «les pays arabes à ne pas poursuivre la politique d’établissement d’une entité séparatiste dans la bande de Ghaza qui sert fondamentalement les desseins israéliens».

Le Qatar est porté par Al Jazeera, média créé en 1996, qui est devenu aujourd’hui le principal forum politique de la scène arabe. C’est cette chaîne qui diffusait régulièrement les messages d’Oussama Ben Laden. Comment cette chaîne peut-elle se permettre de défier l’ordre impérial ?

Libertés confisquées

Olfa Lamlouni, politologue, explique comment cette chaîne si controversée «exprime les attentes démocratiques confisquées par les régimes autoritaires mais aussi le ressentiment arabe vis-vis des Etats-Unis». Par quel mystère Al Jazeera peut-elle tenir autant de rôles, alors qu’elle est financée par l’émir du Qatar, un des alliés privilégiés de Washington dans le Golfe ?
La chaîne avait pris un tel essor que ses animateurs en étaient grisés. Jusqu’à inscrire sur le fronton du siège cette phrase : «Tout le monde regarde CNN, CNN regarde Al Jazeera»…

Entre le coup de colère de George W. Bush, au printemps 2004, et l’implantation, il y a quelques jours en Amérique, d’Al Jazeera, il y a comme un hiatus. L’ancien président américain aurait même envisagé de bombarder le quartier général de la chaîne qatarie, l’accusant d’être   «du côté de l’ennemi», selon des confidences rapportées par Tony Blair. Aujourd’hui, Al Jazeera a confirmé avoir racheté, pour 500 millions de dollars, Current TV, cofondée en 2005 par l’ancien vice-président Al Gore. Current TV sera tout simplement effacée pour être remplacée par une chaîne d’information «destinée au public américain» et basée à New York. Elle sera lancée au cours de cet été.

Finies donc les réticences de ses détracteurs qui l’associaient souvent à la diffusion des vidéos de Ben Laden et des leaders d’Al Qaîda, après le 11 Septembre 2001. Mais il y a d’autres considérations… sonnantes qui en ont dissuadé plus d’un, en premier Al Gore, qui aura empoché 100 millions de dollars, même s’il encaisse les critiques du genre «riche hypocrite de gauche qui a refusé de vendre la chaîne à Glenn Beck, héraut de l’ultradroite, préférant la céder à la voix de la terreur anti-américaine».
Prônant la démocratie hors de ses frontières, le Qatar n’est pas particulièrement connu pour être partisan des libertés et de la démocratie à l’intérieur de ses terres. Dernièrement, un texte du poète Mohamed El Addami qui égratignait l’émir, a valu à son auteur une condamnation à perpétuité.

Dans un autre registre, le Qatar n’a jamais caché son attirance pour l’islamisme politique qu’il n’hésite pas à encourager par tous les moyens. Ce n’est un secret pour personne si ce minuscule pays à l’appétit vorace abrite depuis des décennies les radicaux activistes islamistes de tous bords. En offrant aussi refuge au Hamas palestinien, qui a choisi la capitale qatarie comme siège social.

Al jazeera, une arme redoutable

Sans omettre que le très médiatique prédicateur égyptien, naturalisé qatari, Youssef El Qaradaoui, est considéré comme le prêcheur officiel en officiant régulièrement sur la chaîne Al Jazeera, en distribuant des fatwas dont la violence tranche souvent avec les préceptes sages de l’islam. On laisse entendre que c’est Sarkozy en personne, en sa qualité de superconsultant des Qataris, qui aurait suggéré à ces derniers d’utiliser à fond la carte sportive. D’où les facilitations pour l’achat du PSG, l’implantation d’Al Jazeera en France et l’émergence de la chaîne Bein Sport qui donne du fil à retordre dans les droits de retransmission à Canal+ qui, pourtant, possède une expérience et un savoir-faire indéniables en la matière. On laisse entendre que c’est Sarkozy, encore lui, qui a tout manigancé aux dépens de la chaîne cryptée.

Le Qatar s’est promis de placer près de 10 milliards d’euros dans le CAC40 en investissant dans les sociétés françaises les plus huppées. C’est l’émir Hamad qui a été à l’origine de l’acceptation par la FIFA de faire jouer la Coupe du monde 2022 au Qatar.
Même si les stades, animés par des joueurs ramenés à coups de millions de dollars des quatre coins du monde, la plupart en fin de parcours, sont tristement vides dans un championnat qui, visiblement, n’intéresse pas grand-monde.
Qu’à cela ne tienne. Le Mondial sus-cité aura bel et bien lieu dans cette contrée désertique, où l’émir a décidé de la construction de stades supersophistiqués, dotés de sols réfrigérants pour pouvoir supporter les températures suffocantes qui pourraient aller au-delà de 40°C.

Le Qatar, sous-traitant

Pour rester dans le domaine sportif, le Qatar s’est acheté le PSG avec l’espoir avoué d’avoir un grand club d’Europe, en faisant venir les meilleurs joueurs, à l’instar d’Ibrahimovic. On n’est pas regardant sur les dépenses tant que les caisses débordent.
Mais voilà que le Qatar vient d’être mis à l’index à travers une longue enquête publiée avant-hier par un grand hebdomadaire sportif français, pour avoir corrompu bon nombre de pontes de la FIFA afin d’obtenir l’organisation du Mondial 2022, «Qatargate». Voilà qui va jeter un voile de discrédit sur le fastueux projet qatari.

En effet, il y a deux jours, France Football publiait une enquête explosive où les reporters décortiquaient l’attribution du Mondial 2022 au Qatar. «Cette attribution s’est faite en dehors de toute logique, dans un faisceau de pratiques aussi troubles que compromettantes», y lit-on. Sans étayer ses «vérités», le journal compte sur le président de la commission d’éthique de la FIFA, un ancien juge d’Interpol, pour essayer de faire toute la lumière sur ce «scandale». Ailleurs, on préfère plutôt parler de «lobbying puissant» qui fait et défait le monde grâce à une manne financière prodigieuse.

Le journal fait savoir que «le Qatar a présenté le plus mauvais dossier des candidats à l’organisation. Cela ne l’a pas empêché de connaître le verdict final 15 jours avant sa proclamation». Les journalistes, auteurs de l’enquête, impliquent même l’ancien président Sarkozy, ami de l’émir, qui aurait joué un rôle central dans ce choix, en dissuadant le puissant Platini plutôt porté sur le choix des Etats-Unis…
Comme dit le proverbe arabe, «l’argent fait un chemin dans le désert». Mais le Qatar en a usé et peut-être trop abusé…

 

El watan.com

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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