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POUR INTÉGRER LA DIASPORA AU PROJET DE DÉVELOPPEMENT, IL FAUT BIEN PLUS QU’UNE CONFÉRENCE DE L’ANESP!

Takioullah-Eidda2À l’initiative de l’Agence Nationale pour les Études et le Suivi des Projets (ANESP), Nouakchott abritera ces jours-ci une rencontre d’une partie de la diaspora mauritanienne. Je dis une partie, car à la lecture de la presse électronique cette rencontre n’a pas été vraiment diffusée parmi les membres de la diaspora. Dans tous les cas, l’organisation de cette rencontre, la deuxième de son genre, est quand même une initiative à saluer.

Ceci dit, il faut insister sur le fait qu’il ne suffit pas d’organiser une rencontre au Palais des Congrès à Nouakchott et distribuer quelques billets d’avion, pour prétendre attirer l’attention ou encore mobiliser cette importante communauté mauritanienne. Il faut bien plus! Outre la volonté politique, il faut une ferme et irréversible volonté d’ouverture.

Pour commencer, il faut connaître cette communauté. Ensuite, connaître ses besoins. Et enfin, répondre à ses besoins de façon objective, sans compromis et dans le seul et unique but de servir l’intérêt supérieur de la Mauritanie et ses citoyens.

Autrement dit, il faut nationaliser cette action plutôt que de chercher, comme par le passé, à la politiser.

Comme on le sait, la communauté de la diaspora mauritanienne est parsemée grosso modo sur quatre (4) continents: l’Europe, l’Amérique, l’Afrique et le Moyen-Orient. Elle se divise en deux catégories : celle se trouvant en Europe et en Amérique, qui se compose essentiellement d’intellectuels francophones, majoritairement issus de la communauté afro-mauritanienne. Quant à celle se trouvant en Afrique et au Moyen-Orient, elle se compose essentiellement d’arabisants, exerçants des métiers de services et d’hommes d’affaires, autodidactes, chefs de petites et moyennes entreprises de distributions et d’import-export.

Quoique éparpillées sur des continents éloignés les unes des autres, avec des modes de vie et dans des environnements différents, ces communautés partagent toutes une même et triste réalité: l’abandon presque total de l’État mauritanien.

En effet, en dehors de la Conférence des cadres expatriés tenue à Nouakchott, à l’initiative du Président Muawiya Ould Sidi Ahmed Taya et l’Université de Nouakchott (laquelle n’a eu aucune suite), aucune autre action n’a été prise au bénéfice des membres de la Diaspora de la part de l’État mauritanien.

Or, sans l’initiative de l’État, aucun membre de la diaspora (surtout pas ceux qui ont bien réussi dans son pays d’accueil) ne viendra en Mauritanie à moins qu’il y ait des moyens incitatifs et significatifs déployés par le pays pour l’inciter à venir. Certes, il y aura toujours l’exception qui confirme la règle, celle de ce mauritanien malade de son pays et de sa culture, au point que son instinct nomade fini par le ramener tout seul au bercail!! Mais, en dehors de ce cas pathétique, je dirais rarissime, il faut quand même l’existence d’une opportunité économique en nature (travail intéressant) ou en capital (investissement), pour motiver un membre de la diaspora à revenir en Mauritanie.

Partant de ce constat, il est du devoir de la Mauritanie et de son État de tirer avantage des membres de la diaspora mauritanienne, où qu’ils se trouvent, en facilitant leur retour à la mère patrie et du coup, leur permettre de participer à son développement économique et sociale. Pour commencer, l’État doit poser des gestes concrets et urgents, mais simples, à l’égard des membres de cette diaspora, comme entre autres :

                                                                   

1.            Faciliter et enlever toutes les contraintes relatives au port de la double nationalité;

2.            Créer un avantage bancaire, en devise, exclusivement destiné aux membres de la diaspora, dont le solde est rapatriable au besoin et sans formalités, au pays de résidence à l’Étranger;

3.            Créer, au sein du Guichet Unique du Ministère de l’Économie et du Développement, un Comité d’assistance et de soutien dédié uniquement aux investisseurs membres de la diaspora;

4.            Créer une franchise fiscale d’une durée de dix (10) ans, exclusivement au bénéfice des investisseurs membres de la diaspora pour tout investissement égale ou supérieure à cent (100.000.00 $) mille dollars;

5.            Mettre en place un bureau de recrutement permanant dédié uniquement à la main-d’œuvre spécialisée membre de la diaspora, plus particulièrement dans les domaines suivants :

a.            Génie civil;

b.            Génie mécanique et aéronautique;

c.            Génie informatique;

d.            Statistique;

e.            Gestion de projets.

6.            Loin des considérations clientélistes et tribalistes, faire élire des Sénateurs crédibles, reconnus pour leurs talents et leurs connaissances des problèmes de cette communauté, choisis exclusivement parmi les membres de celle-ci, et qui seraient capables de rétablir les ponts entre les membres de la diaspora et leur Mauritanie.

Sans être exhaustives, se sont là les actions urgentes à poser, lesquelles ne nécessites aucune banderole encore moins de discours. Car il en va de la volonté de la Mauritanie de récupérer ses enfants, talentueux, éparpillés à travers le Monde et qui ne cherchent qu’à servir leur pays et se valoriser parmi les leurs.

Tous les pays du monde, notamment, nos voisins marocains, tunisiens, algériens ont bénéficié largement, en nature et en capital sonnant, de l’apport de leur diaspora, alors que la Mauritanie est restée à l’écart. Il est donc temps qu’elle se réveille et fasse de même, surtout dans une phase de son développement où elle en n’a désespéramment besoin.

Maître Takioullah Eidda, avocat

Québec, Canada

URL courte: http://www.pointschauds.info/fr/2014/01/01/pour-integrer-la-diaspora-au-projet-de-developpement-il-faut-bien-plus-quune-conference-de-lanesp/

Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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