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Scandale financier lié au traitement des ordures ménagères à Nouakchott : la CUN se défend et révèle pour la première fois l’utilisation des fonds

maty« Le Quotidien de Nouakchott » a publié il y a deux jours des révélations graves sur la gestion financière du volet « enlèvement des ordures » confié à la CUN (Communauté urbaine de Nouakchott), depuis la rupture du contrat avec la société Draguy Transport Mauritanie, filiale de la société française Pizzorno, spécialisée dans le domaine et qui courait depuis 2007 pour dix ans. La CUN vient de réagit vivement en publiant un démenti formel. Ce que beaucoup d’observateurs ont trouvé tardif, car faite selon eux, sans souci de transparence, mais juste pour réajuster une image ternie aussi bien par ces révélations, que par la colère de la population de Nouakchott indisposée par la présence nauséabondes d’une multitude d’îlots de détritus.Poussée par les révélations basées sur des documents officiels et publiées il y a deux jours par « Le Quotidien de Nouakchott » sur la gestion de la manne réservée à l’enlèvement des ordures ménagères à Nouakchott, plus de 2 Milliards d’UM par an, la CUN s’est sentie contrainte d’apporter des précisions.

 

« Nous faisons mieux que Pizzorno ! »

 

La CUN reconnaît que la salubrité de Nouakchott a été confiée de 2007 à 2014 à la société française Pizzorno pour un contrat de dix ans. Selon elle, la société française a décidé unilatéralement de suspendre ses services le 23 mai 2014, sans toutefois préciser qu’il s’agissait d’une suspension temporaire due à un cumul d’arriérés de fonds non honorés par l’Etat mauritanien, selon les arguments de Pizzorno. Seulement la CUN trouve que la crise survenue entre Pizzorno et la Mauritanie relevait d’un litige survenu suite à des demandes non justifiées avancées par son partenaire français, telles que la révision des prix et les intérêts y afférents. La CUN soutient que la contrepartie financière due à la société française lui a été toujours régulièrement versée par le Ministère des Finances et qu’elle ne peut nullement ainsi se faire prévaloir d’arriérés. Face à cette situation, la CUN affirme avoir repris ses prérogatives de nettoyer la ville conformément à l’article 3 de la Loi 051-2001 portant sa création. Comme il s’agit, selon la CUN, d’un service public non susceptible de rupture et qu’elle ne disposait pas de la logistique nécessaire à l’opération, elle a contracté des sociétés de la place compétentes en la matière par Appel d’Offres validé par la Commission nationale des marchés.

Et la CUN de rappeler que l’enlèvement des ordures avait coûté à ses débuts en 2007, la bagatelle de 2,2 Milliards d’UM en contrepartie de 300 tonnes/Jour d’ordures enlevés. En 2013, ce sont 4,5 Milliards d’UM que l’Etat mauritanien a dû débourser, selon la CUN, soit 375 Millions d’UM par jour, contre l’enlèvement de 800 tonnes/Jour d’ordures. Ce montant aurait été entièrement libéré par le Ministère des Finances au profit de Pizzorno, révèle la CUN.

 

La mairie centrale de Nouakchott de souligner que le rendement de la société française était cependant en deçà des attentes, car ses services ne couvraient que la moitié de la ville de Nouakchott et refusaient de toucher les quartiers créés après 2007. En plus, elle n’enlevait pas les cadavres d’animaux domestiques, ni les rebuts de construction, ni les arbres. Ce qui selon la CUN faisait subsister en permanence des tas de détritus aux abords de la ville.

La CUN se targue de faire aujourd’hui mieux, malgré les insuffisances, car ses services selon elle touchent l’ensemble des quartiers de Nouakchott, avec un focus sur les zones noires de la ville, telles que le point de collecte d’El Mina, celui de Dar Naïm et de Riadh.

De démentir par la suite le chiffre de 2,2 Milliards d’UM qu’elle se serait engagée à payer aux sociétés contractantes dans 120 jours, tel que révélé par la presse. Il s’agirait, selon la CUN, d’un plafond prévisionnel à ne pas dépasser, trouvant d’ailleurs qu’il est impossible à atteindre car les contrats avec les tiers stipulent que les contreparties financières ne sont versées qu’après exécution réelle des services requis, y compris le nettoyage des zones noires. Et la CUN de souligner qu’aucune société contractante n’a pu remplir plus de 50% de ses engagements, ce qui dénote selon elle d’un manque d’expertise déjà pressentie dès le départ.

Du coup, les 35.000 UM-Jour pour 8 heures de travail quotidien pour un camion, 11.000 UM pour les petits chargeurs et 14.000 UM pour les grands pour une heure de travail, prix du gasoil non compris, serait selon la CUN des prix compétitifs impossibles à trouver sur le marché. La CUN de noter que le coût total de ses charges (contrats avec les sociétés, recrutement de 13.000 employés et matériels roulants) se sont chiffrés, entre juin et août 2014, à 1, 102 Milliard d’UM.

Durant le présent mois d’octobre, la CUN affirme être parvenu à transporter toutes les ordures qui s’entassaient depuis des années dans les centres de collecte d’El Mina, Dar-Naîm et Riadh vers le centre d’enfouissement situé à 25 kilomètres de Nouakchott sur la route de l’Espoir, et qu’aucune zone noire ne subsiste plus à Nouakchott.

 

Un relent de scandale

 

Le démenti de la CUN publié le 15 octobre dernier, fait suite au présumé scandale que « Le Quotidien de Nouakchott » disait avoir découvert dans la gestion par la Mairie centrale de Nouakchott du volet « Enlèvement des ordures ». Et de rappeler le contrat initial signé en 2007 entre l’Agence de développement urbain (ADU) et la société Pizzorno portant sur une convention d’un montant de 2.114.381.823 UM TTC. Suite aux retards récurrents de paiement, la société française aurait adressé un courrier à l’ADU pour lui faire comprendre ses difficultés à honorer correctement ses engagements face à ce cumul de retards. Le 23 mai 2014, la société qui affirme n’avoir pas obtenu de réponse, décida de suspendre temporairement ses activités. Ce qui selon le « Quotidien » constituait une beau prétexte « pour la nouvelle présidente de la CUN » de récupérer le juteux marché. Le journal tombe alors sur des documents financiers de la Communauté urbaine détaillant ce qu’il considère être « une vaste entreprise de gaspillage et de détournements de deniers publics ». Un P.V daté du 9 octobre 2014 détaillait ainsi, selon la source, les contrats de location du matériel roulant accordés à des sociétés de la place.

Il s’agirait de quelques 35 entreprises qui s’engageaient ainsi à louer camions et chargeurs à la CUN pour une durée de 120 jours, à compter du 28 juillet 2014 pour une enveloppe de 2.070.600 UM, soit 517.685.400 UM par mois. Ce qui, selon « Le Quotidien » équivaut à 6.212.224.400 UM, auxquels « il faut ajouter le carburant, les salaires des travailleurs », portant selon le journal, les charges totales pour l’enlèvement des ordures à Nouakchott à plus de 10 Milliards d’UM pour une année.

Le plus incroyable, selon le journal, « les camions destinés au transport des ordures vers le P.K 25 sont facturés à plus de 15 Millions d’UM l’un alors que pour la collecte, ils sont facturés 9 Millions d’UM l’un ». Le journal de préciser avoir découvert qu’en réalité aucun chargeur affecté au transport vers le P.K 25 n’était loué et qu’aucun traitement n’était effectué au Centre d’enfouissement technique. « Les ordures sont balancées sauvagement, constituant un danger mortel pour l’environnement » déplore le journal.

Et le « Quotidien » de se poser alors des questions sur les complicités qui entourent l’opération d’enlèvement des ordures à Nouakchott, notamment les protections dont jouirait la présidente de la CUN au point de lui donner carte blanche et sans que l’IGE si prompte à lancer ses limiers ne s’aventurent à fouiner du nez dans ses affaires. Et de rappeler qu’au temps d’Ahmed Ould Hamza, l’ancien président de la CUN affilié à l’opposition, pas moins de cinq missions de contrôle avaient visité ses comptes.

 

JOB

(L’Authentique Quotidien

 

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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