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À l’ONU, le G5 Sahel peine à convaincre

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, une réunion s’est tenue, lundi 18 septembre, pour trouver des financements à la brigade antiterroriste voulue par la France dans le Sahel.

Un projet qui soulève scepticisme car il se heurte à bien des difficultés. Sommet du G5 Sahel, le 2 juillet 2017 avec la présence d’Emmanuel Macron.

Le G5 Sahel, cette « grande affaire » conçue pendant le quinquennat de François Hollande par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, pour impliquer et unir la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad dans la lutte armée contre le djihadisme et les trafics, s’enfonce dans les sables mouvants du désert sahélien.

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le nouveau président français Emmanuel Macron a tenté, lundi après-midi, de relancer cette machine qui ne convainc pas grand monde sur la scène internationale.

Avec lui, se sont réunis les cinq chefs d’État du G5 Sahel, le président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Les États-Unis, invités à participer à cette rencontre de haut niveau, n’étaient pas assurés d’envoyer un représentant de premier plan.

Scepticisme et intérêts régionaux contradictoires

En organisant ce mini-sommet, la diplomatie française comptait inciter la communauté internationale à financer la force antiterroriste conjointe. Lancée officiellement le 2 juillet à Bamako par Emmanuel Macron lui-même, elle n’a toujours pas de fonds, ou si peu. Sur les 423 millions d’euros nécessaires à cette brigade de 5 000 hommes, un quart a été versé. Or, elle doit être opérationnelle d’ici à la fin octobre, selon le calendrier exposé par le président français au début de l’été.

Mais voilà, la France se heurte, sur ce dossier, au scepticisme du Conseil de sécurité, en premier lieu des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Pourquoi ? Plusieurs raisons invalident le projet défendu par l’Élysée. Il bloque, d’abord, sur des intérêts régionaux contradictoires. L’Algérie et le Maroc ne voient pas cette initiative d’un très bon œil : « La priorité pour Alger, c’est de nous voir partir du Sahel », confie un diplomate. « Et le Maroc tient un double discours : côté face, il lutte contre le terrorisme. Côté pile, il est impliqué dans les trafics, en premier lieu du haschisch », poursuit-il. Or, sans l’appui franc de la part de ces deux acteurs de la région, la lutte contre les trafics et les djihadistes est vouée à durer indéfiniment.

Par ailleurs, le G5 se heurte, par sa faute, aux résistances de ses voisins subsahariens. À commencer par la Côte d’Ivoire : « Les chefs d’État du G5 n’ont pas voulu s’associer avec Abidjan, se privant de la meilleure armée de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont craint de passer au second plan derrière le président ivoirien et de perdre une partie de la rente financière que le G5 suppose », explique un connaisseur du dossier.

Une efficacité tactique et stratégique en cause

Enfin, dernier point qui grève la confiance, le comportement peu fiable des membres du G5 : en premier lieu de la Mauritanie, du Mali et du Tchad. La première joue en solo : « C’est un G4 + 1 en réalité », dit un acteur du G5.

Le président malien fait l’unanimité contre lui, dans son pays comme à l’extérieur. L’armée malienne, même formée par l’Union européenne, additionne les échecs contre les groupes armés : « Plus de 250 soldats maliens ont été tués depuis le début de l’année par les djihadistes, assure le même acteur, c’est une hécatombe. »

Et le Tchad conditionne son maintien dans le G5 à une aide financière pour payer ses fonctionnaires. Il entend, aussi, ne pas être ennuyé par ses entorses répétées à la démocratie, à la défense des droits de l’homme et par son rôle dans la crise centrafricaine. Autant de raisons qui font douter, pour l’heure, de l’efficacité tactique et stratégique du G5.

Autre crise africaine abordée, lundi, en marge de l’Assemblée générale : la RD-Congo. Cette réunion devait apporter son soutien l’accord de la Saint-Sylvestre qui prévoit la tenue de l’élection présidentielle d’ici à la fin de l’année 2017.

Laurent Larcher

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Publié par sur fév 11 2013. Archivé sous Evènement, Faits divers. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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